Livreur à vélo en 2026 : ce que rapporte vraiment une journée de courses

Livreur à vélo avec sac de livraison dans une rue urbaine

3 € minimum par course, un chiffre d'affaires brut affiché autour de 20 €/heure : sur le papier, la livraison à vélo semble rentable. Mais entre les temps d'attente et les cotisations, le revenu net qui atterrit vraiment sur le compte du coursier est nettement plus bas.

Le calcul affiché par les plateformes

Depuis mai 2025, Uber Eats garantit un minimum de 3 € par course, décomposé en 2 € à la récupération de la commande, une part kilométrique de 0,76 à 0,85 € par kilomètre parcouru, et 1 € à la remise au client. Sur un trajet court de 2 à 3 km, une course rapporte ainsi entre 4,50 et 5,50 € hors surtension tarifaire liée à la forte demande.

Mis bout à bout sur une heure de courses enchaînées sans interruption, ce calcul affiche un chiffre d'affaires brut théorique proche de 20,50 € de l'heure.

Le revenu réel, une fois les temps morts comptés

Ce chiffre ne résiste pas au temps d'attente entre deux commandes. En intégrant les phases où le coursier reste disponible sans course à effectuer, le taux horaire effectif retombe autour de 10,10 € de l'heure, soit une baisse d'environ 51 % par rapport au chiffre affiché par l'application.

Sur une base de 35 heures hebdomadaires, cela représente un chiffre d'affaires brut mensuel d'environ 1 530 €. Après déduction des cotisations sociales de la micro-entreprise (25,6 % du chiffre d'affaires en 2026, contre 24,6 % en 2025) puis des frais de vélo, d'assurance et d'entretien (environ 150 € par mois), le revenu net avoisine 988 € pour un temps plein.

Ce qu'il faut vérifier avant de se lancer

Ce revenu net situe la plupart des coursiers à vélo sous le seuil du SMIC mensuel une fois toutes les charges déduites, un écart que seule une minorité de plateformes parvient à combler. Avant de se lancer, trois vérifications s'imposent :

  • Comparer les grilles tarifaires des différentes plateformes actives dans sa ville, les écarts pouvant être significatifs
  • Anticiper le taux de cotisation de 25,6 % appliqué au chiffre d'affaires, et non au bénéfice
  • Budgétiser l'entretien du vélo et une assurance responsabilité civile professionnelle adaptée

Utilisée comme complément ponctuel plutôt que comme activité à temps plein, la livraison à vélo reste malgré tout accessible sans investissement de départ lourd.