Programmeurs, conseillers clientèle, analystes de marché : une étude publiée en mars 2026 par les économistes Miklos Massenkoff et Peter McCrory dans le cadre de l'Anthropic Economic Index a mesuré, métier par métier, l'écart entre ce que l'IA pourrait théoriquement remplacer et ce qu'elle remplace réellement aujourd'hui.
Un écart massif entre le potentiel et l'usage réel
Pour les métiers liés à l'informatique et aux mathématiques, l'étude mesure une couverture théorique de 94 % des tâches par l'IA, contre seulement 33 % d'usage effectif observé en conditions réelles. Un écart qui illustre à quel point les discours sur le « remplacement » des métiers vont souvent plus vite que la réalité du terrain. L'étude souligne aussi que 30 % des travailleurs américains ne sont exposés à aucune tâche automatisable par l'IA générative.
Un effet déjà mesurable sur l'embauche des jeunes actifs
Le signal le plus concret concerne l'embauche : dans les professions les plus exposées à l'IA, l'emploi des 22-25 ans a reculé de 14 % depuis 2023, selon l'étude. Les métiers les plus exposés identifiés sont les développeurs informatiques (74,5 %), les conseillers clientèle (70,1 %) et les analystes de marché (64,8 %) — des professions qui recoupent largement les tâches administratives et de mise en relation propres à l'activité d'agent immobilier : rédaction d'annonces, estimation, réponse aux primo-contacts.
Ce que ça signifie pour les professionnels de l'immobilier
L'agent immobilier n'apparaît pas dans le trio de tête des métiers les plus exposés, mais partage plusieurs tâches avec les professions qui y figurent. Trois adaptations se dessinent :
- Automatiser la rédaction d'annonces et les premières réponses aux prospects pour se concentrer sur la négociation et la relation client
- S'appuyer sur des outils d'estimation assistée par IA tout en gardant la visite et l'expertise terrain comme valeur ajoutée humaine
- Surveiller l'évolution de l'embauche des jeunes profils dans le secteur, indicateur avancé selon l'étude Anthropic
Avec un écart de 61 points entre exposition théorique et usage réel pour les métiers les plus concernés, l'étude Anthropic invite à nuancer le récit du remplacement immédiat, sans pour autant ignorer le recul déjà mesuré de l'embauche des jeunes actifs dans les professions les plus exposées.