Ouvrir une application, répondre à quelques questions, laisser un algorithme allouer son épargne entre actions et obligations : les plateformes de gestion automatisée, ou « robo-advisors », gèrent aujourd'hui plus de 1 200 milliards de dollars d'actifs dans le monde, pour des frais de gestion compris entre 0,2 et 0,7 % — très en dessous des honoraires traditionnels.
Une adoption massive côté professionnels
Plus de 90 % des sociétés de gestion d'actifs déclarent déjà utiliser ou prévoir d'utiliser l'intelligence artificielle dans leurs processus, que ce soit pour l'analyse de portefeuille, la détection de risques ou la personnalisation des recommandations. Le marché mondial des robo-advisors est attendu à 69 milliards de dollars de revenus d'ici 2032, porté par une croissance annuelle supérieure à 25 %.
Ce que l'algorithme sait faire, et ce qu'il ne sait pas faire
Un robo-advisor excelle sur l'allocation d'actifs standardisée et le rééquilibrage automatique de portefeuille à bas coût. Il reste en revanche largement absent des situations qui font la valeur d'un conseiller en gestion de patrimoine humain : transmission familiale complexe, optimisation fiscale sur mesure, accompagnement lors d'un divorce ou d'une cession d'entreprise, ou simplement la capacité à rassurer un client pendant une période de forte volatilité des marchés.
Ce que ça change pour les conseillers
La frontière qui se dessine n'oppose pas l'humain à la machine, mais deux segments de clientèle et deux types de service :
- Laisser les outils automatisés gérer l'allocation standard pour se concentrer sur l'ingénierie patrimoniale complexe et le conseil fiscal sur mesure
- S'équiper des mêmes outils d'IA que les robo-advisors pour réduire ses propres coûts de gestion et rester compétitif sur les frais
- Valoriser l'accompagnement humain lors des moments de rupture (succession, cession, divorce) où l'algorithme ne peut pas se substituer au conseil
Avec plus de 1 200 milliards de dollars déjà gérés par des algorithmes mais des frais de gestion qui ne dépassent pas 0,7 %, le vrai risque pour les conseillers en gestion de patrimoine ne semble pas venir de la disparition du métier, mais d'un déplacement rapide vers le haut de gamme du conseil.