Il préside l'Ordre des architectes, sa réponse sur l'IA tranche avec le catastrophisme ambiant

Architecte penché sur des plans de bâtiment et une maquette dans un bureau lumineux

Un plan de maison généré en quelques secondes, une implantation optimisée selon l'ensoleillement calculée par un algorithme : les outils d'intelligence artificielle s'invitent désormais dans les premières esquisses des projets architecturaux. De quoi raviver une inquiétude ancienne dans la profession.

« On a déjà annoncé la disparition du métier »

Francis Metzger, président de l'Ordre des architectes, relativise : « à chaque étape, on a annoncé que le métier allait disparaître et que la machine remplacerait l'architecte. Cela ne s'est pas produit : les outils n'ont pas supprimé le métier, ils l'ont déplacé. » Une mise en perspective qui s'appuie sur l'histoire de la profession, de l'arrivée de la CAO dans les années 1980 au BIM plus récemment.

Ce que l'IA fait bien, et ce qu'elle ne fait pas

Lionel Goethals, gérant du bureau Pan D'Architecture, précise la limite concrète de l'outil : « l'IA peut intégrer le terrain, l'ensoleillement et le nombre de pièces. Mais elle ne ressent pas ce qui naît d'une discussion ou d'une visite chez les clients. » Pour Francis Metzger, le vrai risque n'est pas technique mais humain : « le danger serait que tout ait été décidé entre les données, les experts et l'algorithme, sans qu'il reste quelqu'un à qui demander : pourquoi ? » Le Conseil national de l'Ordre des architectes a publié en juillet 2026 un cadre déontologique encadrant l'usage de l'IA dans la profession, une première officielle en France.

Ce que ça change pour l'exercice du métier

Plutôt qu'une menace frontale, les architectes en exercice ou en création de structure semblent s'orienter vers une recomposition des tâches :

  • Déléguer les esquisses préliminaires et les optimisations techniques à des outils d'IA pour gagner du temps sur les phases amont
  • Recentrer la valeur ajoutée sur l'écoute du client et la dimension sensible du projet, ce que l'algorithme ne restitue pas
  • S'appuyer sur le cadre déontologique du CNOA pour sécuriser l'usage de ces outils vis-à-vis de la responsabilité professionnelle

Entre un président d'Ordre qui relativise et un cadre déontologique tout juste publié, la profession semble avoir choisi d'encadrer l'outil plutôt que de le subir — un scénario plus proche de la mutation que de la disparition.