12,89 € brut de l'heure, c'est le salaire minimum conventionnel d'une garde d'enfants à domicile en 2026. Un chiffre qui a son importance, car contrairement à beaucoup d'activités présentées sur ce site, devenir nounou indépendante n'est presque jamais une activité d'auto-entrepreneur : la loi y voit, la plupart du temps, un emploi salarié classique.
Un statut qui n'a presque rien d'indépendant
Contrairement à l'assistante maternelle, qui garde les enfants chez elle et doit obtenir un agrément délivré par les services de protection maternelle et infantile (PMI) après une formation obligatoire, la garde d'enfants à domicile ne nécessite aucun agrément : elle intervient directement chez la famille. Mais cette absence d'agrément ne veut pas dire que le statut d'auto-entrepreneur s'applique automatiquement. Dès que la famille impose des horaires fixes et organise le déroulement du travail, le droit du travail considère qu'il existe un lien de subordination, ce qui écarte la facturation en tant qu'indépendant et impose une déclaration en CESU ou Pajemploi, où c'est la famille elle-même qui devient l'employeur. Le statut auto-entrepreneur ne reste légalement envisageable que pour des missions ponctuelles et non récurrentes, ou en passant par une structure mandataire ou prestataire de services à la personne.
Un salaire encadré par une grille conventionnelle
La convention collective des salariés du particulier employeur fixe un salaire minimum de 12,89 € brut de l'heure (10,07 € net) pour une assistante parentale de catégorie A en 2026, porté à 13,41 € brut avec un CQP, et 13,08 € brut pour la catégorie B. Aucune majoration liée à l'ancienneté n'est prévue par cette grille. En Alsace-Moselle, où les charges sociales sont plus élevées, le net tombe à 9,90 € de l'heure pour un salaire brut identique. À temps plein, sur la base de 174 heures mensuelles, cela représente environ 2 242,86 € bruts et 1 752,12 € nets par mois pour la catégorie A.
Ce que ça coûte réellement à la famille, et ce que couvre le crédit d'impôt
Pour une garde de 30 heures par semaine avec un enfant, au tarif minimum de 12,89 € brut, le coût employeur mensuel atteint environ 2 617 €, soit plus de 31 400 € sur l'année. Le crédit d'impôt de 50 % s'applique sur une base plafonnée à 13 500 € par an (12 000 € plus 1 500 € pour un enfant à charge), ce qui ramène l'avantage fiscal maximal à 6 750 € par an. Au-delà de ce plafond, les dépenses supplémentaires n'ouvrent droit à aucun crédit supplémentaire. Au final, le coût réel pour la famille retombe autour de 24 660 € par an, soit environ 2 055 € par mois, l'équivalent de 15,81 € de l'heure après crédit d'impôt contre plus de 20 € avant.
Alors, business or not ? Sur le papier, non : ce n'est structurellement pas un métier d'indépendant au sens classique, puisque la loi encadre strictement la relation comme un salariat dès que les horaires sont fixes et le travail dirigé par la famille. Les vrais leviers pour sortir de ce cadre résident ailleurs : cumuler plusieurs familles en garde partagée, viser la catégorie B ou un CQP pour un tarif horaire plus élevé, ou passer par une structure mandataire ou prestataire plutôt que de chercher, à tort, à facturer en auto-entrepreneur une activité que le droit du travail traite presque toujours comme un emploi salarié.