Cartes Pokémon, sport, gaming : la revente de cartes à collectionner est devenue un vrai business

Mains qui trient des cartes à collectionner sous une loupe et une lampe d'architecte

Une carte Pokémon vendue 1,2 million de dollars, une carte Michael Jordan à 4,25 millions : les ventes aux enchères de cartes à collectionner battent des records depuis le début de l'année 2026. Derrière ces sommes vertigineuses se structure un marché beaucoup plus accessible, où de plus en plus de particuliers en France transforment une passion d'enfance en vraie source de revenus.

Un marché qui pèse déjà plusieurs centaines de millions d'euros

Selon Heritage Auctions, la plus grande maison de ventes spécialisée au monde, le premier semestre 2026 a généré 1,41 milliard de dollars de ventes d'objets de collection, en hausse de 47 % sur un an. Sur eBay, la catégorie collection a progressé de 26 % au deuxième trimestre et représente désormais plus de 40 % du volume total de la plateforme, un seuil jamais atteint auparavant.

Le marché mondial des jeux de cartes à collectionner, Pokémon en tête, dépasse à lui seul 15 milliards de dollars et progresse de 8 à 12 % par an depuis 2020. En France, les transactions se concentrent sur eBay, Cardmarket et, de plus en plus, sur des ventes en direct via des plateformes comme Whatnot, où certains vendeurs français cumulent déjà plusieurs dizaines de milliers d'abonnés.

La certification, la clé qui multiplie les prix par 10

Ce qui distingue une carte à quelques euros d'une carte à plusieurs milliers d'euros, c'est le grading : une note de qualité attribuée par un organisme spécialisé comme PSA, qui certifie l'état exact de la carte sur une échelle de 1 à 10. Plus de 80 % des cartes vendues au-dessus de 500 € sont aujourd'hui certifiées, et une même carte peut voir son prix multiplié par 3 à 10 une fois gradée.

Ce système attire aussi des dérives : PSA a intercepté en 2025 des contrefaçons représentant environ 200 millions de dollars de valeur de marché estimée, avec un taux de fraude qui dépasse 90 % sur certaines références rares très recherchées. Un revendeur sérieux doit donc apprendre à repérer une carte suspecte avant de l'acheter, pas seulement avant de la revendre.

Comment se lancer sans se faire piéger

Contrairement à la revente de vêtements sur Vinted, se lancer dans les cartes à collectionner demande un minimum de méthode : connaître les cotes réellement constatées (et pas seulement les prix demandés par les vendeurs), vérifier la provenance des lots, et choisir la bonne plateforme selon ce qu'on vend.

  • Comparer les prix effectivement vendus, et non les prix demandés, sur au moins deux plateformes avant d'acheter ou de fixer un tarif
  • Ne faire certifier que les cartes dont la cote dépasse largement le coût du service, en comptant plusieurs semaines de délai et des frais fixes par carte
  • Déclarer cette activité dès qu'elle devient régulière : au-delà de ventes occasionnelles d'objets personnels, la revente répétée relève des règles fiscales applicables à une activité commerciale

De quoi transformer une passion d'enfance en revenu d'appoint sérieux, à condition de ne pas confondre spéculation et petit commerce bien tenu.