Plus de 1,2 million d'entreprises ont été créées en France sur les douze mois allant de juin 2025 à mai 2026. Le chiffre progresse de 10 % sur un an, alors même que les défaillances restent proches de 70 000. Derrière ce paradoxe se cache une transformation importante du profil des nouveaux entrepreneurs.
Le paysage entrepreneurial français continue de se renouveler à un rythme soutenu. Selon l'Insee, 1 200 000 entreprises environ ont été créées sur les douze mois allant de juin 2025 à mai 2026, soit une progression de 10 % par rapport aux douze mois précédents.
Les micro-entrepreneurs tirent la hausse
Cette progression n'est pas répartie uniformément entre les différents statuts. Sur douze mois, les immatriculations de micro-entrepreneurs ont augmenté de 12,4 %. Les créations de sociétés progressent également de 6,5 %, tandis que les entreprises individuelles classiques affichent une hausse plus limitée de 3,3 %.
Le poids des micro-entrepreneurs est désormais particulièrement important. Ils représentent 66 % de l'ensemble des créations sur la période étudiée, contre 64,6 % un an plus tôt.
Un mois de mai particulièrement dynamique
Le mouvement s'est même accéléré en mai. En données corrigées des variations saisonnières et des jours ouvrables, les créations ont bondi de 10,7 % sur un mois. Les immatriculations de micro-entrepreneurs ont progressé de 13,6 %, contre 9 % pour les entreprises individuelles classiques et 3,6 % pour les sociétés.
Pourquoi ce chiffre est-il surprenant ?
Le paradoxe apparaît lorsqu'on rapproche les créations des défaillances. À fin mai, la Banque de France recensait 70 077 défaillances sur douze mois. Le tissu entrepreneurial français se développe donc tout en connaissant un niveau élevé de sorties.
Il faut cependant éviter de comparer directement créations et défaillances comme s'il s'agissait de deux compteurs opposés. Une création ne signifie pas nécessairement qu'une entreprise devient rapidement employeuse ou économiquement importante, tandis qu'une défaillance concerne une procédure judiciaire répondant à une définition précise.
La donnée la plus révélatrice reste donc la structure des créations. La France crée beaucoup d'entreprises, mais une part croissante de cette dynamique repose sur des micro-entrepreneurs. Ce phénomène mérite d'être suivi pour comprendre l'évolution réelle du tissu économique français.
Sources : Insee, Créations d'entreprises - mai 2026 ; Banque de France, Défaillances d'entreprises - 2026.